jeudi 17 septembre 2020

Saint Georges terrassant le Dragon



Icône byzantine réalisée à tempera (peinture au jaune d’œuf) sur bois pourvue d’un fond et d’un cadre en métal repoussé.

Saint Georges sur son cheval blanc et armé d’une lance, transperce la tête du Dragon. Allégorie de la victoire du bien sur le mal.

Un Dragon qui terrorise la région, réclame chaque jour pour tribut deux jeunes gens tirés au sort. Vint le jour ou la fille du roi elle-même  sera l’objet de cette contribution forcée. C’est alors que Saint Georges intervint pour délivrer le royaume, combattant avec l’aide de Dieu, il soumet le Dragon puis le tue de sa lance.

Saint Georges ou Georges de Lydda (Palestine), martyr au IVe siècle fût supplicié puis décapité sur ordre de l’Empereur Dioclétien pour avoir refusé de renier sa foi en Dieu et dans le Christ.

Cette représentation classique et sans fioriture, comme il se doit dans les icônes byzantine, fait apparaitre les 3 protagonistes engagés dans un combat dont l’issue est déjà visible.

Saint Georges est ici vêtu d’une armure dorée symbolisant la lumière divine, et d’une cape rouge témoignant de la passion du Christ. Son cheval blanc piétine le  monstre symbolisant le mal tandis qu’il transperce de sa lance la tête du Dragon. Néanmoins, sa tête et ses extrémités sont pourvues de vert, symbole de renaissance et d’espoir. Observons la tranquillité du visage du Saint en opposition avec la violence du combat.

Dans la partie supérieure droite apparaît  la main de Dieu bénissant la scène située sur un fond rocheux ocre, comme souvent dans les icônes, baignant ainsi l’ensemble dans une lumière dorée.

Oscar Brask




 

La colombe du Saint Esprit



 

jeudi 23 janvier 2020


   La colombe du Saint Esprit


 
Réalisation : Monique  Z. de l'Atelier Oscar Brask

Pour voir la fin du déluge et donc la fin de l'épreuve, Noé envoie une colombe. Il l'envoie trois fois. Si elle trouve où se poser, elle ne reviendra pas dans l'arche. De fait, la première fois elle revient, car l'eau n'est pas descendue. La seconde fois, la colombe revint vers lui sur le soir et voici qu'elle avait dans le bec un rameau tout frais d'olivier! Ainsi Noé connut que les eaux avaient diminué à la surface de la terre. Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus vers lui (Genèse 8,11-12).


mercredi 22 janvier 2020

lundi 2 décembre 2019

Archange MICHEL




En buste - Tempera sur tilleul - 30 X 40 cm - cheveux et manteau à la feuille d'or - Dec. 2019








lundi 23 septembre 2019

Les Assistes ou Assists

Définition : 

Symboliquement, les assistes ou assists sont l’expression de la lumière ou énergie divine incarnée dans la matière, qui anime la réalité terrestre.

Techniquement, cela consiste à réaliser une série de minces hachures à tempera, puis recouverts de feuilles d'or, ou directement à la peinture dorée, voire au moyen d'un pigment (jaune cadmium moyen par exemple). Elles sont appliquées sur les plis des vêtements, sur les ailes des anges et des archanges, sur le mobilier, les trônes, le claviculum (situé sur la clavicule) des Saints ou du Christ et aussi les coupoles des bâtiments.  


Davantage que sur la symbolique, nous allons nous pencher sur l'aspect technique de réalisation, qui donne des cheveux blancs aux débutants en la matière.

Ce qui nous intéresse là n'est pas de faire de la jolie dorure, mais de créer une série de ligne fines, énergique, fortes, vivantes.


Exercice complexe s’il en est.
Il faut tout d’abord s’exercer à en réaliser la forme :

Elle est pointue à son extrémité et s’élargit vers sa base.
Le plus souvent elle est droite, parfois elle se courbe.
Il y en a toujours plusieurs et elles sont toute accrochées à une ligne principale.
Ces lignes principales épousent la forme du corps ou de l’élément qu’elles éclairent.
Elles doivent être posées selon un angle aigu et l’angle doit être changé régulièrement pour ne pas donner un effet trop régulier de type « arrête de poisson ».
Elles ne doivent pas être trop courtes, ce qui leurs donneraient un aspect piquants.

Le sens dans lequel elles seront réalisées varie selon l’artiste (de la pointe vers la base ou l’inverse).
Pour ma part, je préfère les réaliser de la pointe vers la base.
Il arrive que vous ayez à en réaliser plusieurs dizaines voire plusieurs centaines.
Important : Vous devez réaliser chacune des assistes comme une unité singulière.
Vous ne faites pas une série d’assistes mais une assiste, puis une autre.
C’est une des conditions de la réussite.

Par ailleurs, observez qu'il existe des masses lumineuses (souvent en forme de triangles), qui éclairent particulièrement une partie proéminente et exposée de l’anatomie du personnage comme les genoux du Christ par exemple. 
Voyez ces lignes dorées qui partent du genoux pour suivre les plis qui structurent les vêtements.


LE GESTE


 Le corps:


Comme pour n’importe quel geste de la vie courante, votre cerveau envoie une injonction, une information aux fonctions secondaires du corps qui vont la prendre en charge et la traiter.
Les muscles, nerfs et autres tendons vont contribuer à réaliser le geste voulu.
Si vous n’êtes pas suffisamment relâché, des tensions vont apparaître aux niveaux de l’épaule,
de l’avant bras, du poignet. Vos doigts vont se crisper autour du pinceau,
ce qui vous fera trembler  ou avoir des gestes parasites
Vous devez donc être conscient de toutes les parties de votre corps, mais aussi de sa position, face à la table, jambes décroisées.
De cette manière le corps n’est plus un handicap, mais un instrument performant et précis.

L’intellect :


Pensez votre geste avant de l’exécuter, puis ne pensez plus à rien.
Au  moment de sa réalisation, vous devez être vide de toutes pensées, et devenir le témoin de se qui se produit à ce moment là.
Toute pensée vagabonde vous fera probablement dévier de votre trajectoire.
D’ailleurs, ne pourrait-on dire que cette ligne que vous tracez, est une empreinte du moment présent qui incluera vos pensées ou non pensée. ( au sens premier de l’inclusion, comme la glace des pôles renferme l’histoire de la terre à chaque instant ).

L'Esprit


Soyez présent à votre esprit.
En cela la règle de l’iconographe, qui, du coup peut se vérifier ici est la suivante :

Vous n’êtes pas l’auteur de ce qui se produit là, mais l’instrument de l’esprit qui agit à travers vous.

Rappelez-vous que nous ne signons pas notre Icône pour cette raison là.

Voici un lien, ci-dessous, pour ce qui concerne la technique de pose de la feuille d'or sur les assistes.
Je remercie pour cela mes excellents confrères de l'Atelier Saint André qui nous fournissent là une excellente fiche technique.

lundi 16 septembre 2019


Glossaire

Voici un glossaire réduit des termes principaux rencontrés 

dans le monde de l’iconographie Byzantine.



Acheiropoiete : Type de représentation du visage du Christ (en grec « qui n'est
 pas fait de la main de l'homme »), qui rappelle l'effigie imprimée par le
Sauveur sur un drap de lin. Envoyé à Abgar,roi d'Édesse, le suaire provoqua la
guérison miraculeuse du souverain.


Anastasis : résurrection. Appelée à tort Descente aux limbes, cette scène apparaît
dans l'Empire byzantin au début du VIIe siècle. Ayant brisé les portes de l'enfer,
le Christ ressuscite Adam et Eve, et plus généralement les Justes de l'enfer.

Apocryphe : adjectif d'origine grecque signifiant caché et désignant tout écrit
considéré comme non authentique.

Arienne (hérésie) ou arianisme : hérésie qui doit son nom à Arius, prêtre d'un
des quartiers d'Alexandrie, qui, vers 320, nia la divinité de Dieu tout-puissant et éternel.

Assiste : Minces hachures dorées qui recouvrent les vêtements du Christ, de la
Vierge et des saints, ainsi que les décors d'architecture des icônes.
L'assiste symbolise l'énergie divine qui anime la réalité terrestre.

Basma : Revêtement métallique de l'icône, qui fut la couverture la plus répandue
jusqu'à la fin du XVIe siècle. Cet encadrement, travaillé au repoussé ou incrusté
de nielle, entourait l'icône et laissait l'image tout à fait découverte.

Bel angle : L'autel domestique qui, dans la maison d'une famille orthodoxe,
est traditionnellement tourné vers l'Orient. Décoré de tissus, de lampes
votives et de cierges, il est composé d'icônes représentant généralement la
Vierge, le Christ et saint Nicolas.

Bolus : Combiné liquide de terre rouge, de suif et de terre organique, qui est
appliqué sur le levkas. Sa surface polie est recouverte de minces feuilles d'or pur,
quand on procède à la dorure du fond de l'icône.

Canon iconographique : Modèle figuratif servant à la représentation des
personnages et des constituants de l'icône.
Établis lors des premiers conciles et perpétués par la tradition de l'Église, les
canons iconographiques déterminent tous les aspects de l'icône, depuis la
préparation des matières premières jusqu'à la structure de la composition et à
la symbolique des couleurs.

Canon : texte normatif définissant les règles dogmatiques et disciplinaires de
l'Église ; enseignement ou critères – les canons énoncés aux deux conciles de
692 et 787 définissent un enseignement sur l'icône et, en accord avec l'expérience
spirituelle de l'Église orthodoxe, des critères permettant de juger de la qualité
liturgique de l'image ; recueil d'odes et de textes liturgiques.

Chalcédoine : voir Concile

Chancel : barrière basse dans une église qui entoure ou clôture le sanctuaire.
Il crée une séparation entre l'espace sacré et les fidèles.

Chiton : Vêtement grec de dessous en laine ou en lin avec manches courtes ou sans.
Le chiton court porté aussi par les femmes descend aux chevilles et est retenu
aux épaules. Court pour les Hommes, long pour les femmes.

Ciselure : Technique de travail des métaux qui consiste, au moyen d'instruments
spécifiques (les oiselets), à creuser une surface de motifs décoratifs en bas relief,
dont les contours ont été tracés au préalable.

Climax : Traité d'ascèse de saint Jean

Climaque, : higoumène du monastère de Sainte-Catherine-du-Sinaï (v. 579-v 649). L’ouvrage, dont le titre grec signifie « échelle céleste », décrit les degrés des vertus monastiques.
En les gravissant, le moine se rapproche progressivement de la béatitude céleste.

Concile : assemblée extraordinaire d'évêques d'une région (concile local) ou de l'Église entière (concile œcuménique) afin de statuer sur des questions d'ordre doctrinal,
canonique ou pastoral. Il n'y eut que sept conciles œcuméniques correspondant à la période
de l'Église indivise (Nicée 1 en 325, Constantinople 1 en 381, Éphèse en 431, Chalcédoine
en 451, Constantinople II en 553, Constantinople III en 680, Nicée II en 787). Ceux qui se tinrent après le schisme de 1054, qu'ils soient organisés par l'Église catholique latine ou par les Églises orthodoxes, ne peuvent être considérés que comme des conciles locaux.

Coptes : chrétiens d'Egypte.

Crise iconoclaste : voir iconoclasme

Dalmatique : Vêtement long à large manche en lainage blanc descendant aux chevilles et
porté ceinturé. C'est une forme particulière de tunique de dessus, ornée de ruban pourpre
sur le devant, avec une pièce d'étoffé cousue en biais sous le bras droit et servant de poche.

Déisis Mot grec signifiant « supplique », qui désigne une composition iconographique particulière, généralement divisée en plusieurs panneaux : le centre de la composition est occupé par la figure du Christ en majesté, alors que, de part et d'autre du trône, s'avance le cortège des anges et des saints, guidés par la Vierge et saint Jean-Baptiste.

Dormition : représentation de la Vierge sur son lit de mort entourée des apôtres et du
Christ confiant l'âme de sa mère aux anges.

Éléousa : voir Vierge.

émail cloisonné : Technique de travail des émaux, commune à tout l'art byzantin, qui consiste à incruster des émaux polychromes dans des alvéoles séparés par de minces cloisons verticales.

Encaustic Technique de peinture utilisée dans l'Antiquité classique, grecque
et romaine, puis adoptée par les peintres d'icônes des premiers temps
du christianisme. Littéralement, le mot signifie « couleur dissoute dans la cire

Énergies incréées : Dieu tel qu'il est dans son essence est inconnaissable, car il est
totalement transcendent à l'homme. En revanche, il se rend « participable » par ses
énergies incréées que sont la grâce et la lumière, qui le manifestent et permettent la transfiguration des êtres. Saint Grégoire Palamas explicita au XIVe siècle cet aspect de la théologie.

Epiphanie : désigne les diverses manifestations du Christ, et notamment celle aux Mages.

Fondue  : la technique consistait en effet à délayer les couleurs dans de la
cire fondue et à les appliquer à chaud sur la surface à peindre.

filigrane :Travail d'orfèvrerie consistant à entrelacer de minces fils de métal et à
les souder aux points de contact.

Haghiosoritissa : voir Vierge

Hagiographie : vie des saints ; par extension, récit laudateur.

Hérésie : doctrine chrétienne qui choisit un élément du dogme et le privilégie aux dépens
de l'ensemble de la Révélation, et souvent en contradiction avec elle.

Hésychasme : spiritualité caractéristique de l'Église orthodoxe.
Doctrine mystique des premiers siècles du christianisme, qui privilégiait la contemplation et la prière.
Elle se précise à partir du IVe siècle, évolue ensuite grâce aux témoignages d'Évagre,
de Jean Climaque et d'Isaac le Syrien, puis aux XIIIe et XIVe siècles, au mont Athos,
par la synthèse de Grégoire Palamas (mort en 1359), avant d'être condamnée au concile de 1351.. Aujourd'hui, des éléments de l'hésychasme se sont répandus en Occident et ont connu un certain succès, comme en témoigne la popularité
des Récits du pèlerin (voir Hésychaste).

Hésychaste : chrétien qui pratique l'invocation continuelle et silencieuse du nom de Jésus.
Le terme s'applique plus spécialement aux moines qui se retirent dans des solitudes pour
s'adonner à cette prière.

Hétimasie : représentation de la seconde venue du Christ sur terre pour le Jugement dernier. Dans l'attente de sa venue, la Croix et le Livre sont représentés sur le trône vide

Hiérarque : titre donné à certains hauts dignitaires des Églises orientales, notamment à un évêque.

Himation : Pièce de tissus drapée sur les deux épaules et autour du corps, porté par-dessus le chiton. Manteau.

Hodighitria Type de représentation de la Vierge, où elle apparaît portant le Christ Enfant sur le bras et le montrant de l'autre main comme « voie, vérité et vie ». La Vierge est ainsi présentée comme le guide (hodigos en grec) du peuple chrétien, à qui elle présente le Sauveur.


Hypostase : personne. Le dogme de la Trinité confesse un Dieu unique en trois personnes, ou hypostases (le Père, le Fils et le Saint-Esprit), de même nature ou consubstantielles les unes aux autres, mais cependant distinctes. La notion de personne, opposée à celle d'individu, renvoie à l'idée d'une existence personnelle en communion.

Icône hagiographique Icône représentant la figure d'un saint, généralement en pied et de face, entourée de scènes évoquant sa vie et ses miracles. Les icônes hagiographiques se répandirent à partir du XIIe siècle et constituèrent l'équivalent en images des recueils de
vies de saints.

Iconoclasme : Aux VIIIe et IXe siècles, dans l'Empire byzantin, doctrine qui prohibait la vénération des images et qui justifia la persécution des idolâtres pendant près d'un siècle (730-843). L’empereur et sa cour, le patriarche et la hiérarchie de l'Eglise se rangèrent du côté des iconoclastes, alors que les moines, le bas clergé et le peuple lui-même se retrouvèrent parmi les défenseurs des images. Le concile de 843 confirma la vénération des icônes et condamna l'iconoclasme comme hérésie.

Iconoclaste : littéralement briseur d'images, appelé également iconophobe, celui qui combat les images. En l'occurrence, les iconoclastes ne s'opposaient pas à tous les types d'images, mais seulement aux figurations anthropomorphiques de Dieu.

Iconodule : partisan et défenseur des images ; durant la crise iconoclaste, les iconodules furent également appelés iconophiles ou, d'une manière plus générale, orthodoxes, par
opposition aux iconoclastes, jugés hérétiques.

Iconographe : nom donné au peintre d'icônes.

Iconostase : Paroi d'icônes qui, dans les églises orientales, sépare l'autel de la nef. Aux XIVe et XVe siècles, l'iconostase connut un développement original en Russie et prit la forme d'une structure élaborée : le templon. Elle est très souvent exécutée en bois sculpté et doré.

Inscription : Action de reporter sur l'icône les noms des personnages ou de l'événement représenté. L'inscription, qui constitue la dernière opération de l'exécution d'une icône, consacre sa fidélité au prototype.

Kardiotissa : voir Vierge

Katafighe : voir Vierge

kovtcheg : Cavité creusée dans le panneau de bois d'une icône, au moyen de scalpels et de gouges bien affilés. Ce mot russe, qui signifie « arche », désigne l'espace sacré à peindre, en référence à l'Arche d'alliance de l'Ancien Testament.

levkas : Enduit blanc qui constitue le fond définitif de l'icône avant l'application de la couleur. Il est composé de colle organique telle colle de peau, d’os ou de poisson et d’une craie telle le blanc de Meudon ou blanc d’Espagne. Le levka est posé à chaud sur la planche, puis polie afin d’obtenir une surface lisse .

Logos : discours, verbe. Le Christ est la parole créatrice de Dieu, « le verbe divin fait chair », selon le prologue de l'Evangile de Jean.

Loi mosaïque : code de conduite du peuple hébreu fondé sur les dix commandements, révélés par Dieu à Moïse dans l'Ancien Testament. Le Christ affirme ne pas être venu abolir la Loi mais la parachever dans le sens de l'amour et de la grâce.

Mandorle : cercle qui entoure la figure de Dieu ou du Christ pour symboliser le rayonnement de la gloire de Dieu.

Mandylion Le suaire sur lequel le Christ imprima son visage pour exaucer le vœu d'Abgar, roi d'Édesse. C'est sur le mandylion qu'est souvent représenté le visage du Christ Acheiropoiete « qui n'est pas fait de la main de l'homme ».

Maphorion : Grand châle carré à bordure ornée, dont les femmes se couvraient la tête et les
épaules. La Vierge porte généralement un maphorion de couleurs pourpre orné de 3 étoiles qui sont de très anciens symboles syriaques de la virginité.                         

Maronites : surtout implantés au Liban, les maronites, catholiques qui suivent le rite syrien, tirent leur nom du monastère de Saint-Maron, dans la région d'Apamée-sur-1'Oronte.
Les maronites se constituèrent en patriarcat autonome dans la première moitié du VIIIe siècle.

Melkites : chrétiens orthodoxes relevant des trois patriarcats d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. Ils doivent leur appellation (dérivée de malik en arabe) à leurs adversaires
monophysites (voir monophysisme), qui les jugeaient trop attachés à l'empereur de Byzance.

Ménologe : icône-calendrier représentant, mois après mois, les figures des saints dans l'ordre du calendrier liturgique.

Métanie : geste de déférence et d'humilité qui consiste à incliner le buste et à toucher le sol de la main droite. Pendant la période du carême, les grandes métanies prennent la forme de prosternations jusqu'au sol, le front touchant terre. Les métanies ne se pratiquent pas entre Pâques et la Pentecôte.

Métropolite : prélat orthodoxe qui occupe un rang intermédiaire entre le patriarche et les archevêques. A l'origine, il s'agissait d'un évêque d'une métropole, chef-lieu d'une province.

Monophysisme : doctrine religieuse affirmant que le Christ a une seule nature, possédant la totalité des qualités divines et humaines. En 451, elle est condamnée par le concile de
Chalcédoine, qui définit le Christ comme une personne dotée de deux natures.

Myrrhon : huiles saintes.

Myrrophore : les saintes femmes qui portaient les huiles saintes. Nestorianisme : doctrine de Nestorius (380-451) professant la séparation des deux natures du Christ, divine et humaine.
Cette doctrine, condamnée par le concile d'Ephèse (431), trouve refuge en Mésopotamie et bénéficie de la protection perse. Elle est à l'origine de l'Église assyrienne.

Néo-platoniciennes (sectes) : se référant au néo-platonisme et reprenant donc des éléments de la philosophie de Platon.

Nielle : Décoration par incrustation, dans les creux d'un dessin gravé au préalable, d'un amalgame composé d'argent fin, de cuivre rouge et de plomb, noirci par un mélange de
soufre dont le procédé tire son nom (de l'italien niella, et du bas latin nigellus, noirâtre).

Nimbe Cercle lumineux placé autour de la tête du Christ et des saints (le nimbe du Christ
est timbré d'une croix, qui porte les initiales de la définition de Dieu : « Celui qui est »). Généralement doré, le nimbe peut être coloré de rouge ou adopter la couleur du fond de
l'icône. Dans ce dernier cas, son contour est souligné par un trait rouge ou doré, selon la période, la tradition ou le peintre. Parfois, le nimbe est en relief ou travaillé au burin.
Lors des périodes plus tardives, l'usage se répandit de recouvrir le nimbe de revêtements métalliques, décorés d'émaux, de filigranes ou de pierres précieuses.

Oklad : Revêtement métallique d'une icône, qui dissimule une partie de l'image en recouvrant le fond et les auréoles.

Olifa : Vernis protecteur appliqué sur la dernière couche de peinture. Il s'agit d'un vernis à base d'huile de lin cuite, mélangée à des résines et des sels minéraux, dont la recette fut conservée pendant des siècles dans les monastères du mont Athos. 
                       
Orante : Le type de la Vierge orante est une des plus anciennes représentations de la Vierge. La Vierge est représentée en pied, les bras levés, et porte sur la poitrine un médaillon où figure le Christ Emmanuel. Le type de la Vierge du Signe, où la Vierge est représentée en   buste, en est une variante, qui rappelle la prophétie d'Isaïe (VII, 14).   

Omophorion : Attribut des évêques, équivalent du pallium latin : il s'agit d'une large bande de tissu blanc ornée de croix, qui se passe autour du cou et sur les épaules, et qui se croise sur la poitrine. Les extrémités tombent jusqu'aux pieds, devant et derrière. L'homophorion symbolise la brebis perdue, que le Bon Pasteur porte sur les épaules : il est donc toujours tissé de laine blanche.
   
Paléologue : nom d'une des familles de l'aristocratie byzantine, qui reconquiert Constantinople en 1261. Michel VIII Paléologue installe pour deux siècles la dynastie sur le trône impérial (1261-1453) ; par extension, qui se rapporte à cette période.

Panagie : entre autres significations, insigne de l'évêque en forme de médaillon ovale, avec une image du Christ ou de la Vierge.    

Pantocrator « Christ créateur récapitulant l'univers en sa personne. »
Le type du Christ Pantocrator est la représentation du Christ la plus ancienne et la plus répandue. Le Christ apparaît comme le Tout-Puissant, le Juge miséricordieux, « Celui qui
donne vie à l'être » : généralement représenté en buste, il lève la main en signe de
bénédiction et porte l'Évangile dans l'autre main.

Patriarche : titre honorifique donné au primat des églises orthodoxes importantes.

Plav : Technique utilisée pour peindre les visages des icônes, qui consiste à appliquer un incarnat de base (le sankir), recouvert de couches d'ocré de plus en plus claires, puis à modeler les traits en dégradé, de façon à créer l'impression d'une lumière émanant de l'intérieur du visage.

Podiinnik (d'un mot russe signifiant « original »). Recueil de dessins servant de modèles
aux iconographes, transmis de génération en génération. Les recueils de modèles se répandirent en particulier à partir du XVII siècle, quand les artistes, peu soucieux
d'originalité, se mirent à reproduire servilement les modèles anciens.

Portes royales : Portes centrales de l'iconostase, qui sont appelées « royales » parce que le célébrant les franchit durant l'office en portant l'Évangile et l'Eucharistie, c'est-à-dire  
le Christ lui-même. Les portes latérales de l'iconostase, réservées aux diacres, sont appelées portes « diaconales ».

Poinçonnage : Opération qui consiste à imprimer une marque sur une pièce d'argenterie, au moyen d'un poinçon. On parle aussi de poinçonnement.

Poinçon : Outil métallique, généralement composé d'une tige d'acier trempé dont l'extrémité, en forme de pyramide tronquée, porte le relief d'un sigle, d'une lettre, d'une marque ou d'un signe particulier. Le poinçon sert à imprimer un objet d'or, d'argent ou d'étain. Le mot      
 « poinçon » désigne aussi la figure obtenue à l'aide de cet outil.

Prototype : modèle de référence de l'image qui assure la fonction de ressemblance. Le Christ ou tel saint sont les prototypes de l'icône qui les figurent.

Repoussé : Technique de travail des métaux qui consiste à creuser le revers de la feuille, de façon à obtenir des motifs décoratifs en relief sur la face visible.

Riza : Revêtement métallique d'une icône, particulièrement répandu aux XVIIIe et XIXe siècles, qui ne laisse apparaître que les visages, les mains et les pieds.

Sainte Face : selon la légende, le roi Abgar V d'Édesse, malade de la peste, dépêcha l'un de ses serviteurs auprès du Christ avec pour mission de l'inviter dans l'espoir d'une guérison.
Le Christ lui fît parvenir un linge sur lequel il avait imprimé son visage. Cette empreinte miraculeuse est considérée par l'Église comme la première icône directement issue du
prototype et légitimant toutes les autres.


Sankir : Couleur de base de l'incarnat, qui peut présenter différentes nuances et compositions selon les époques et les traditions. Plutôt sombre, il est généralement composé d'ocrés et de terres vertes.

Schisme : mot dérivé du grec skhisma, qui signifie division, séparation d'un groupe de fidèles d'une même religion. De 1054 date le grand schisme d'Occident, séparation des Églises d'Orient et d'Occident, lié a. un conflit entre le patriarche de Constantinople et le pape Léon IX.

Souffrants : groupe de martyrs englobant tous ceux qui ont souffert d'une mort violente, injustement donnée mais librement consentie, à l'image de la passion du Christ.

Stylite : en Orient, moine ascète vivant au sommet d'une colonne ou d'une tour, pour se consacrer à la méditation.

Synaxaire : livre contenant des résumés de la vie de saints, classés dans l'ordre chronologique des fêtes liturgiques de l'année.
  
Templon : Portique composé de piliers et de colonnes de marbre qui, dans les églises byzantines, soutient l'architrave et sert de séparation entre la nef et le presbytérium. Le Ipmplon, qui devint en Russie la forme élaborée de l'iconostase, supporte généralement plusieurs icônes ; le cycle des Douze Fêtes, la Déisis et les icônes patronales, représentant les saints de l'église locale.

Thaumaturge : personne, et plus particulièrement saint, opérant des miracles.

Théophanie : manifestation de Dieu, notamment lors du baptême du Christ (l'Esprit-Saint apparaît sous forme de colombe) ou de sa transfiguration (la lumière divine qui habite le Christ est rendue visible aux apôtres présents).

Théotokos : littéralement « celle qui enfante Dieu », autrement dit la Vierge Marie, toujours désignée comme la mère de Dieu, celle qui a donné naissance selon la chair a. la personne
du Christ (concile d'Éphèse) ; le concile de Constantinople de 553 lui confère également le titre de « toujours vierge ».
   
Tsata : Pectoral en forme de demi-lune, appliqué directement sur l'icône ou sur la riza. Il s'agit le plus souvent de précieuses pièces d'orfèvrerie, ornées de pierres dures, de perles,
de filigranes ou d'émaux cloisonnés.

Uniatisme : doctrine qui a pour objectif de rétablir la communion avec Rome d'Églises d'Orient gardant leur propre rite.

Vierge : aux trois types de base (Orante, Hodighitria et Éléousa), se rattachent les autres types qui doivent leur appellation à une attitude particulière de la Vierge, à une expression, ou
encore au lieu de conservation d'une icône. Voici les principaux types évoqués dans l'ouvrage.
Éléousa : Vierge de miséricorde, également dite de tendresse. Elle incline la tête vers l'Enfant, joue contre joue, dans un geste de tendresse.
Haghiosoritissa : Vierge qui porte la ceinture sainte.
Hodighitria : Vierge qui montre la voie, par référence à l'icône consacrée du monastère des Guides (hodegos).
Kardiotissa : Vierge qui tient l'Enfant de ses deux mains, sur le côté gauche.
Katafighe : Vierge auprès de qui trouver refuge.
Orante : Vierge les bras levés dans l'attitude antique de prière, telle qu'elle a été fixée par l'art paléochrétien.
Platitera : Vierge dont le sein est plus vaste que les cieux.
Pakrov : Vierge qui étend son voile de protection.
Etcherski : Vierge conforme au modèle de l'icône de la Vierge du monastère Petcherski (Russie).